En immersion à Sainte-Lucie-de-Tallano, petit village de l’Alta Rocca en Corse-du-Sud, Jean-Christophe Arrii redonne vie à une tradition familiale longtemps endormie.
Un héritage ressuscité au cœur de l’Alta Rocca
Dans la maison de pierre construite en 1815, il a réhabilité l’ancien moulin à huile, laissé à Dans la maison de pierre construite en 1815, il a réhabilité l’ancien moulin à huile, laissé à l’abandon depuis 80 ans, où son grand-père travaillait à l’époque. Christophe avait pourtant pris un autre chemin : études d’histoire, immobilier, pompier, avant de revenir s’ancrer dans sa terre natale. Aujourd’hui, il ressuscite gestes et savoir-faire, dans le respect total de la terre et des anciens. Quand la meule de pierre, tirée par un âne, commence à broyer les olives dans le silence de la bâtisse, c’est comme si le temps s’arrêtait. Le moulin ne broie pas seulement les fruits : il réactive une mémoire collective, celle d’une Corse agricole fière, patiente et exigeante.depuis 80 ans, où son grand-père travaillait à l’époque. Christophe avait pourtant pris un autre chemin : études d’histoire, immobilier, pompier, avant de revenir s’ancrer dans sa terre natale. Aujourd’hui, il ressuscite gestes et savoir-faire, dans le respect total de la terre et des anciens. Quand la meule de pierre, tirée par un âne, commence à broyer les olives dans le silence de la bâtisse, c’est comme si le temps s’arrêtait. Le moulin ne broie pas seulement les fruits : il réactive une mémoire collective, celle d’une Corse agricole fière, patiente et exigeante.


Une récolte patiente et un terroir d’exception
Sur les hauteurs d’Altagène, Jean-Christophe cultive 12 hectares d’oliviers anciens, soit 1000 arbres, tous issus de variétés locales. Certaines parcelles dépassent le siècle d’âge, témoignage vivant de l’attachement profond entre les habitants et leur terroir. Les olives sont récoltées à l’ancienne, après qu’elles soient tombées naturellement. Pas de machines ni de secousses, mais des filets disposés sous les arbres et une attente rythmée par les vents et les pluies. Cette méthode exige une vigilance constante, une présence presque quotidienne. Chaque fruit est cueilli à maturité, intact et préservé. Une fois récoltées, les olives sont immédiatement pressées dans le moulin traditionnel, grâce à l’âne. La pâte obtenue est ensuite répartie dans des scurtini, paniers en chanvre ou en paille de coco, puis pressée. Suit une double décantation, permettant de séparer l’huile des impuretés. Chaque geste, chaque outil sont restés fidèles à la tradition. Ce processus lent, artisanal fait la noblesse de cette huile : le respect du fruit, du temps, et des traditions. Lorsque la presse se met en marche, c’est tout un pan de l’histoire agricole corse qui revit.


Une huile rare, aux quatre parfums
Goûter l’huile de Jean-Christophe Arrii, c’est faire une véritable expérience sensorielle. Ses quatre cuvées portent les prénoms de ses enfants, comme un lien entre le passé et l’avenir. La première, issue d’olives noires, est douce et légère. La seconde est plus végétale, évoque les herbes du maquis, avec des arômes floraux subtils. La troisième révèle des notes profondes de fruits secs et de noix, avec une longueur en bouche remarquable. La dernière, produite en très petite quantité, exhale des parfums de paille séchée : une huile plus délicate, plus rare, destinée aux fins connaisseurs. Ces huiles, goûtées à même la cuillère dans la fraîcheur de la maison en pierre, ont déjà séduit de grandes tables de restaurateurs en France. Mais au-delà de la reconnaissance gastronomique, ce sont des huiles profondément vivantes, marquées par les vents, les pluies, la terre corse, et le geste humain


Relancer une tradition délaissée
L’engagement de Jean-Christophe dépasse la simple production d’un produit d’exception : il s’inscrit dans une véritable lutte pour la sauvegarde d’un patrimoine menacé. Jadis, la Corse fournissait 80 % de l’huile d’olive française. Aujourd’hui, les oliveraies provençales ont pris le pas, tandis que des milliers d’hectares corses restent à l’abandon. Ce métier exigeant et physique, attire de moins en moins, et beaucoup de jeunes quittent l’île, laissant derrière eux des terres pleines de promesses. Jean-Christophe, lui, choisit de parier sur l’avenir. Il redonne du sens à cette tradition. Il montre qu’il est possible de produire autrement : avec patience, humilité, et respect des savoirs anciens. En parcourant ses oliveraies, on comprend son credo : « Le retour aux sources. »
« Les traditions, c’est ce qui nous relie au passé tout en éclairant notre présent. »
A découvrir en détail sur Youtube :


Laisser un commentaire